Le Baguirmi situé au Sud du lac Tchad, traversé par le Chari, a été un Etat qui s’étendait sur un pays fertile où l’on cultivait le sorgho, l’indigo et le coton.

Le Baguirmi a longtemps fait avec Benghazi (Tripolitaine) un commerce d’humains très florissant qui a été à l’origine de sa prospérité au XVIIIème siècle, mais que les obstacles apportés à la traite des esclaves au siècle suivant ont diminué son importance.

La population se composait d’Arabes et de Noirs, et son histoire se résume en une perpétuelle oscillation entre le joug du Bornou et celui du Ouadaï.

La fondation du Baguirmi est attribuée à un chasseur appelé tantôt Bernim-Bessé et tantôt Dokkengué, qui aurait bâti Massenya, la capitale, vers 1513. Il était païen et ses successeurs le furent comme lui jusqu’à Mâlo (1548 – 1561), qui prit le titre de mbang et créa les brandes charges du royaume.

C’est Abdallah (1561 – 1602), fils de Mâlo, qui aurait été l’islamisateur du Baguirmi. Son neuvième successeur, Borkoumanda-Tadlélé (1734- 1739), fut un guerrier : après avoir dirigé une expédition vers le Borkou et le Kaouar, il vainquit à deux reprises le roi du Ouadaï, Mohammed Ez-Zaouni. Mais Alaouine (1739- 1741) fut vaincu à son tour par l’empereur du Bornou, dont le Baguirmi devint vassal. Mohammed-Alamine (1741 – 1784) s’empara du Fitri sur les Kouka et secoua la tutelle du Bornou.

Abderramân-Gaourang I
(1784- 1806) recommença la lutte contre le Ouadaï; il fut défait et tué par Saboun, roi de ce dernier pays, qui imposa au Baguirmi la suzeraineté du Ouadaï et y plaça comme souverain nominal un fils d’Abderrahmân-Gaourang. Un autre fils de celui-ci, Tchigama, déposa son frère, fut arrêté sur l’ordre de Saboun, amené prisonnier à Ouara, capitale du Ouadaï, puis relaxé, et revint à Massenya, où il régna sous le nom d’Ousmân-Borkoumanda de 1807 à 1846, payant assez régulièrement le tribut exigé par le Ouadaï.

Il conduisit plusieurs expéditions contre le Bornou et se fit battre par le Kanémi en 1824 à Lédéri, près du Tchad, grâce à deux canons que le major anglais Denham
Avait donnés au maître du Bornou. Abdelkader (1846- 1858), en dépit d’une victoire remportée sur Mohammed-Chérif, roi du Ouadaï, demeura tributaire de cet État. Abou-Sekkine (1858-1884) voulut également rejeter la tutelle du Ouadaï; vaincu et chassé de Massenya en 1871 par le roi du Ouadaï Ali, il reprit sa capitale après la mort de ce prince, en 1875.

La cruauté de son fils Borkoumanda (1884-1885) le fitchasser du pays par ses sujets et remplacer par Abderrahmân-Gaourang II qui, attaqué par Rabah en 1893 et menacé de nouveau par ce conquérant en 1896, se vit contraint d’accepter le protectorat  françaisen 1897.

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